Immobilier: la location classique prend-elle sa revanche sur Airbnb?

Conséquence de la crise sanitaire, la baisse du tourisme incite les investisseurs à réorienter les biens destinés aux courts séjours vers les locations traditionnelles. Ce phénomène remet en cause la rentabilité des locations de courte durée, attractives mais soumises à de nombreux paramètres.

Un arrêt de la location à court terme

Avec la baisse des taux hypothécaires et la croissance de plateformes comme Airbnb et Abritel, il était tentant pour les particuliers souhaitant investir dans la pierre de privilégier les locations de courte durée par rapport à la formule de location plus traditionnelle. La location de vacances était généralement réservée aux stations balnéaires et aux destinations touristiques, mais l'essor des courts séjours – des pauses d'un week-end ou de moins d'une semaine pour visiter une ville ou une région – ont contribué à changer la donne, aidées par les RTT qui ont changé le comportement des individus pour leurs déplacements. A Paris et au cœur des grandes métropoles, la tendance à la location courte durée a donc transformé l'offre de logements en concurrençant l'hôtellerie et en réduisant les biens disponibles aux «locaux» à la recherche de location à l'année. La loi a certes limité le nombre de nuitées 120 jours par an pour les «investisseurs Airbnb», c'est finalement le Covid-19 qui les a incités à revoir leur copie.

Longue durée = sécurité

Une enquête RMC-BFM TV révèle que les publicités pour les locations ont considérablement augmenté ces derniers mois, tandis que celle des hébergements disponibles sur Airbnb a diminué. En termes de studios par exemple, leur nombre a doublé à Grenoble et augmenté de 50% à Paris sur SeLoger! Le lien de cause à effet est évident, et la crise sanitaire en est à l'origine. Avec des frontières presque hermétiques et des touristes échaudés par le contexte du virus '' circulation, les propriétaires préfèrent se rabattre sur la location traditionnelle plutôt que de persister à proposer un bien en location à court terme faute de demande. Ils renoncent ainsi à des revenus potentiels plus importants, car les locations de courte durée permettent de maximiser le revenu par nuit. Mais un bail standard de trois ans leur assure des revenus locatifs réguliers … Une situation qui n'a pas fini de remettre en cause les projets d'investissements locatifs vu le manque de visibilité sur l'évolution de la crise Covid-19.

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