The Rental: terreur au AirBNB

On y pense rarement, mais il y a un certain risque à louer la maison d’un autre pour une fin de semaine. Dans son premier passage dans le siège du réalisateur, le comédien Dave Franco nous entraîne dans le délire de deux couples qui n’ont pas joué de chance quand ils ont réservé leur AirBNB…

The Rentals (disponible en location sur iTunes, Google Play et Amazon, notamment) raconte l’histoire de Charlie (Dan Stevens) et Mina (Sheila Vand), deux partenaires d’une firme quelconque de l’Oregon.

Après avoir réalisé un bon coup, ils décident de se récompenser en louant pour une fin de semaine une majestueuse demeure située en bordure du Pacifique.

Leur attirance mutuelle est évidente, mais chacun apporte son conjoint, le copain de Mina étant le frère de Charlie, Josh.

Ce qui devait être un week-end de rêve se transforme rapidement en cauchemar. Le quatuor se sent espionné, la jalousie s’installe, le chien de Josh disparaît et le propriétaire des lieux est tout sauf sympathique.

Les ennuis ne font pourtant que commencer…

Inspiré de classiques

Dave Franco n’est peut-être pas aussi connu que son frère James (127 Hours, Spider-Man), mais il n’est pas non plus le dernier venu à Hollywood.

On l’a notamment vu dans Neighbors (2014), Now You See Me (2013), 21 Jump Street (2012) et Warm Bodies (2013).

Il réalise ici son premier film, en plus de cosigner le scénario. Et force est de constater que le Californien âgé de 38 ans a fait ses devoirs.

Les films de vacances qui tournent mal ou d’invasion de domicile sont légion et très répétitifs. Malgré son inexpérience, Franco est malgré tout parvenu à donner à son oeuvre une identité qui lui est propre, très différente de ce qu’on a pu voir jusqu’ici au cinéma.

Sans en copier le travail, le cinéaste s’est inspiré d’oeuvres classiques comme Jaws, Texas Chainsaw Massacre, The Shinning et Halloween.

Il utilise la même recette que ces films cultes: prendre tout son temps pour grattouiller les angoisses de son public et le hanter pendant des jours avec un dernier acte terrifiant.

Le coup de génie de Franco, c’est d’avoir transporté la prémisse improbable de ces grands classiques de l’horreur dans un contexte familier.

Les chances que vous tombiez un jour sur un être fondamentalement mauvais comme Micheal Myers de Halloween ou sur l’hôtel hanté de Shinning sont à peu près nulles.

Mais beaucoup de gens louent des maisons, des appartements et des AirBNB. Ils s’y sentent en sécurité. Ils ne savent pourtant pas si le propriétaire – qui dispose d’une clé!- n’est pas un psychopathe ou un voyeur…

Quarante-cinq ans après Jaws, la peur des requins persiste. Sans dire que The Rental aura le même impact sur les AirBNB, j’avoue bien humblement que j’y penserai à deux fois avant de faire une location domiciliaire en ligne…

Bien joué, M. Franco!

(Quatre étoiles sur cinq)

 

Yes, God, Yes: une petite comédie diablement incisive

Si vous croisez la série American Pie (1999 à 2012) avec le film Easy A (2010) et que vous instillez à tout ça une belle dose de cynisme et de subtilité, qu’obtenez-vous? L’incisive comédie Yes, God, Yes (disponible en location).

La timide Alice (Natalia Dyer) fréquente une école secondaire catholique de l’Iowa.

Vous aurez deviné que son monde en est un ultra-conservateur dans lequel la peur de rôtir en enfer pour ses pêchés occupe une place disproportionnée.

À l’école, on enseigne à Alice et à ses collègues de classe que seuls un homme et une femme mariés peuvent avoir des relations sexuelles. Il est donc impératif que les adolescents répriment leurs pulsions.

Or, après un échange un peu salé dans un forum de discussion en ligne, Alice commence à devenir plus curieuse envers le sexe en général et ses envies en particulier.

Quand une rumeur selon laquelle Alice aurait eu des rapports sexuels avec un garçon commence à circuler, l’adolescente est forcée de prendre part à une retraite fermée organisée par le curé de l’école.

Cynique

Yes, God, Yes est un film très cynique qui critique sévèrement la religion catholique dans son désir d’obliger les adolescents à l’abstinence.

La réalisatrice et scénariste Karen Maine n’est vraiment pas tendre envers le clergé et sa propension au contrôle et à l’endoctrinement.

Qui dit sexe dit scènes osées, mais je vous assure que Maine est parvenue à passer son message avec beaucoup de goût – même si le film est réservé aux 18 ans et plus, probablement sous la pression du public conservateur dont l’oeuvre se moque…

Et si le bon goût prime, c’est un peu beaucoup en raison du jeu de Natalia Dyer.

Mise au monde en 2016 par la série à succès Stranger Things (dans laquelle elle incarne la pugnace et déterminée Nancy Wheeler), Dyer monte ici son jeu de plusieurs crans et nous offre une performance toute en nuances.

Bien qu’elle soit au coeur de pratiquement toutes les scènes, Dyer parle très peu. Mais elle réagit beaucoup.

Qu’elle soit émoustillée, gênée, effarouchée ou scandalisée, Dyer multiplie les moues parfaitement rendues.

Son jeu tout en timidité et en retenu est impeccable et suffit à porter le message de respect (envers les autres et soi même) qui est au coeur de l’oeuvre de Maine.

Le ton est peut-être léger, mais le propos est très sérieux et, à mon humble avis, tous les parents d’adolescents devraient voir Yes, God, Yes.

(Quatre étoiles sur cinq)

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