Redécollage au ralenti pour le transport aérien

Après l’uppercut porté aux compagnies aériennes par le covid-19, le trafic reprend doucement en Europe au fur et à mesure des réouvertures de frontières, mais des milliers d’emplois restent menacés.

Après l’uppercut porté aux compagnies aériennes par le covid-19, le trafic reprend doucement en Europe au fur et à mesure des réouvertures de frontières, mais des milliers d’emplois restent menacés.

(ER avec AFP) –  Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), la grande association internationale du secteur, pour des raisons à la fois de restrictions de circulation et de craintes de voyageurs, le trafic redémarrera d’abord sur les marchés intérieurs, puis continentaux et enfin au quatrième trimestre sur les vols long-courrier. Il ne retrouverait son niveau de 2019 qu’en 2023.   

Les pays européens doivent par exemple se prononcer sur une proposition de liste d’une quinzaine d’Etats dont les voyageurs seront admis dans l’Union au 1er juillet, qui exclut les Etats-Unis et qui inclut la Chine sous condition. 


People sunbathe at Palma Beach in Palma de Mallorca on May 31, 2020. - Spain's government today said it would seek parliament's approval to extend the state of emergency by another fortnight, until June 21, what would allow to keep on restricting people's mobility during deconfinement process. (Photo by JAIME REINA / AFP)

Que ce soit en matière de confinement ou de reprise des activités, les 27 n’ont pas toujours parlé d’une même voix. Si une majorité d’Etats membres envisage une ouverture des frontières dès le 15 juin, des restrictions subsistent dans d’autres. Tour d’horizon.


En Europe, dans la semaine du 15 au 21 juin, 7.706 vols ont été effectués en moyenne par jour, (-77,9% par rapport à la même période en 2019), principalement par Turkish Airlines, Lufthansa, Wizz Air, Wideroe, DHL et Air France, selon l’organisation Eurocontrol. C’est à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle que le trafic a été le plus important, suivi par Francfort, Schiphol (Amsterdam), Heathrow (Londres) et Istanbul.   

A noter encore que sur le plan mondial, le trafic de passagers a atteint le fond en avril en plongeant de 94,3% (mesuré en kilomètres-passagers payants, ou RPK) par rapport à avril 2019.

Lisbonne détrône Londres

Au niveau des destinations en Europe, Lisbonne arrive en tête des réservations de billets d’avion pendant la première quinzaine de juin. La crise sanitaire n’a pas eu que des effets bénéfiques pour le pays. En effet après des années de hausse effrénée, le prix des habitations lusitaniennes s’est écroulé ces derniers temps. 



Après des années de hausse effrénée, les prix des habitations lusitaniennes s’écroulent en raison de la crise sanitaire. Et ce, même à Lisbonne ou Porto, selon l’hebdomadaire Sábado.


 La capitale portugaise, qui a été marquée ces derniers temps par une recrudescence de la pandémie du covid-19, devance Paris, Amsterdam, Athènes, Rome, Madrid, Francfort, Vienne, Barcelone et Londres, selon des données diffusées lundi par la société spécialisée Forwardkeys.         

Il y a un an, la capitale britannique arrivait en tête des réservations. Cette relégation traduit l’effet des mesures de quarantaine mises en place, selon la société. «Les pays qui ont mis en place des mesures de quarantaine ont observé des baisses de trafic similaires à une interdiction totale de vols», a pour sa part souligné Brian Pearce, l’économiste en chef de l’Iata. 

Des millions d’emplois menacés

La pandémie de coronavirus a donc complètement déstabilisé l’ensemble du secteur aérien: le numéro 1 européen,  Lufthansa a annoncé la suppression de 22.000 emplois, soit 16% de ses effectifs mondiaux. Et le pire est peut-être encore à venir. Les aides gouvernementales «ont sauvé des milliers d’emplois et permis aux compagnies de maintenir les liaisons. Mais j’ai des doutes quant à l’avenir», commentait à la mi-juin, Rafaël Schvartzman, vice-président de l’Iata.

Habituellement, «les compagnies comptent sur la saison estivale pour constituer des réserves financières pour les mois d’hiver, plus difficiles (…) Il n’y aura pas de réserves d’été cette année», a-t-il ajouté.  Les compagnies européennes devraient enregistrer une perte nette de 21,5 milliards de dollars en 2020 (contre un bénéfice net de 6,5 milliards en 2019), ce qui pourrait menacer «6 à 7 millions d’emplois liés à l’aviation en Europe», selon l’Iata.    


Gilles Feith neuer CEO - Luxair - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort

Après 15 années passées sous la direction d’Adrien Ney, Luxair Group change d’ère avec l’arrivée, depuis le 1er juin, de Gilles Feith. Le nouveau directeur général entend «accélérer la digitalisation» et faire évoluer le groupe alors même que le secteur aérien traverse une crise d’ampleur. Interview.


Du côté de Luxair, la crise du covid-19 aura un impact sur les décisions futures. «Il ne faut pas être un expert en aviation pour comprendre qu’un avion qui est au sol coûte énormément d’argent», avance son directeur général Gilles Feith qui attend encore de voir «comment la société et le secteur réagiront à la crise». 

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