Des hôteliers de la région appellent à boycotter Booking cet été

Le Club hôtelier de Montpellier dénonce le « diktat » de la plateforme de réservation en ligne, qui applique des commissions jugées excessives.

Cette fois, ils ont choisi de taper fort. Quoi qu’il peut leur en coûter. De nombreux hôteliers partent en guerre contre Bookin.com, le géant mondial de la réservation en ligne. À Montpellier, le Club des hôteliers, qui regroupe quelque 65 professionnels du secteur installés sur la métropole régionale (sur un total d’un peu plus de 80), a lancé un boycott de la plateforme durant la saison estivale. Il dénonce le « diktat de Booking.com ».

« Nous avons décidé de mener une action d’envergure en supprimant les ventes à compter du 6 juillet prochain, pour la période allant du 10 au 24 août », explique Camille Galtier, son président. Lui et ses collègues reprochent à la compagnie, « dont le siège est aux Pays-Bas, de ponctionner entre 10 % et 25 % de commissions sur le prix TTC de chaque vente ».

Ils demandent, « à l’instar de nos confrères hôteliers du Var, de Corse, mais également de l’action menée par l’Umih (Union des métiers des métiers et des industries de l’hôtellerie, NDLR) du Vaucluse, une baisse de la commission de 5 % ».

Il faut dire que la crise sanitaire liée au coronavirus a mis à mal la situation des professionnels du secteur. « Nous traversons une période extrêmement difficile. Avant, lorsqu’une agence de voyages nous adressait des clients, elle prenait une commission de 10 %. C’était la part générale », commente Nathalie Quentin, qui dirige l’hôtel du Palais à Montpellier.

Face au « mastodonte Booking.com », ils entendent réagir à ce qu’ils considèrent être une position excessive. « Cette plateforme de réservation, plutôt que de nous soutenir lors de cet épisode exceptionnel, a préféré nous enfoncer. C’est le déclencheur de notre action », martèle Cyrille Charpentier, directeur de l’hôtel Le Guilhem à Montpellier.

Un appel à la mobilisation nationale

L’action des hôteliers montpelliérains, qui a reçu le soutien de leurs collègues toulousains, doit, selon eux, déboucher sur un mouvement d’ampleur nationale. « Nos confrères de Toulouse ne sont pas dans la même situation que nous. Leur marché est moins saisonnier que le nôtre. Mais ils affichent leur solidarité », insiste Camille Galtier.

Lequel entend profiter du coup de projecteur braqué sur leur opération coup de poing pour sensibiliser la profession. « Nous lançons un appel aux hôteliers français et autres professionnels de l’hébergement distribué via ce canal à rejoindre le mouvement afin qu’il devienne national et que nous puissions parler d’une seule voix », insiste Charles Henri Dufour, vice-président du Club des hôteliers du Grand Montpellier.

Car l’enjeu est de taille : la pratique de Booking.com « assèche notre trésorerie ». Camille Galtier ne s’encombre pas : « Nous n’avons rien à perdre, nous envoyons un signal, celui de faire comprendre aux Français que prendre un intermédiaire pour ses réservations d’hôtel a aussi un coût. »

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