AirBnB for work : clap de fin ?

Discrètement, AirBnB vient de se séparer de 25% de ses équipes. Première concernée, la branche dite « for work » plus particulièrement dédiée aux déplacements professionnels, n’a plus de représentation en France.

Véritable fer de lance de la marque, Teoman Colakoglu ne défendra malheureusement plus les couleurs de la société basée à San Francisco. Parmi les 7500 employés du groupe, 1900 se sont vu signifier leur licenciement. Selon Brian Chesky, PDG du groupe, bien qu’Airbnb ait levé 2 milliards de dollars ces dernières semaines, il faut s’attendre à ce que les revenus soient cette année, inférieurs à la moitié des 4,8 milliards de dollars enregistrés en 2019. Il se devait donc d’agir en limitant les dépenses et en sacrifiant une partie des équipes.

Un gaspillage évident

Construire une marque, une relation de confiance et faire de la France le fer de lance de la marque AirBnB for work n’est pas une tâche simple. Elle ne peut se faire que par un investissement personnel et une passion sans faille. Sur ce point, tous les acteurs du marché français des déplacements professionnels reconnaissent le travail réalisé par Teoman, mais qu’en restera-t-il et surtout que va devenir la marque maintenant que tout est piloté depuis San Francisco ? Et pourquoi avoir élagué prioritairement AirBnB for work et annihilé tout le travail réalisé par l’équipe française (mais pas que) ?

En fait, la licorne californienne n’a jamais voulu véritablement développer cette activité. Trop contraignants, la sécurité, les paiements, la politique voyages et l’intégration dans les outils de réservation sont des étapes qui demandent de l’investissement en temps, en hommes et en technologie… De plus, il s’avère que la clientèle de la plateforme était en fait majoritairement composée de personnes, souvent issues de TPE/PME et utilisatrices à titre privé de la solution AirBnB. AirBnB for work était donc plus une déviation du modèle B2C de la marque maîtresse vers un modèle B2B que la plateforme collaborative ne réussira pas vraiment à imposer de par le monde.

Un boulevard pour la concurrence ?

Il est clair que le besoin est là. Magic Stay, l’opérateur français sur ce marché de l’hébergement est lui totalement tourné vers le B2C et saura à fortiori combler le manque laissé par la disparition d’AirBnB for work, car oui, on peut parler de disparition.

L’époque est à la résolution de problématiques complexes et d’engagement sur le résultat et non plus sur les moyens. Il est fort à parier que les décideurs ne travailleront pas de tels sujets, potentiellement source de déboires judiciaires, avec des contacts américains pas forcément sensibilisés aux problématiques de la RSE à la française. Et comme la nature a horreur du vide…

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